5- L’information

 

Screen Shot 2013-09-20 at 4.56.34 PM

 

Schéma : l’évolution de l’information durant l’histoire

Durant les derniers cinq cents ans, la société a dû apprivoiser trois différents codes médiatiques (si on fait abstraction des premiers signes et symboles idéographiques de la Préhistoire et l’Antiquité) :

L’écrit : un code linéaire qui cherche à présenter les savoirs de façon linéaire et détaillée. À partir de la Renaissance, les contenus sont imprimés dans toutes sortes de livres et de revues et diffusés d’abord à pied, puis à cheval et, enfin, en train.

L’image : un code spatio-temporel qui offre une vision du réel ou du virtuel sur différents types d’écrans de toutes sortes. Les contenus sont diffusés simultanément à des millions de gens par voie électronique.

Les données : un code interactif qui donne à l’utilisateur le choix d’intervenir dans la recherche, la médiatisation ou la diffusion des contenus ; ceux-ci sont stockés dans un « Cloud » et circulent à travers la planète quasiment à la vitesse de la lumière. La quantité de données traitées est telle que les nouveaux outils de recherche vont offrir des découvertes qui vont bouleverser notre façon de penser.

1- L’information

L’information devient l’un des cinq piliers du Nouveau Monde qui émerge parce qu’elle remplace le capital, qui fut le vecteur de la société durant l’ère industrielle.

Entre 1970 et 2010, l’information subit une mutation importante :

Avec l’ère industrielle

Elle est soudain multipliée par les médias de masse analogiques et devient disparate. Souvent, la même information est diffusée par différents médias aux mêmes publics : journaux, radios et télévision. Elle est médiatisée par des gens de métier, ce qui la rend crédible aux yeux des téléspectateurs.

Tout va changer avec le Nouveau Monde

L’information devient interactive et peut donc être médiatisée par quiconque veut prendre la parole. Ainsi, elle devient une opinion qui devient un nouveau pouvoir. Les informations se sont multipliées au point de devenir un Big data et, parce qu’elles sont médiatisées par tout un chacun, elles deviennent émotives et souffrent de crédibilité parce que trop souvent non validées.

Durant l’ère postindustrielle, le pouvoir des sociétés actuelles ne dépendra plus de leurs lois ou de leurs polices, mais des opinions qui vont faire ou défaire les pouvoirs. Ces opinions seront façonnées par le flot d’informations qui va circuler via Internet 2 et qui intègre maintenant tous les médias de communication, et ceux à venir, via une technologie numérique multiplateforme. À l’avenir, le pouvoir va dépendre des institutions et des gens qui feront circuler ces informations.

Nous commençons à deviner les mutations à venir :

Nous commençons à réaliser ce que va représenter le Big data. Par contre, on n’a aucune idée de ce veut dire son industrialisation.

On sent bien qu’en mêlant « l’opinion » et « l’information-reportage », un énorme problème de crédibilité est en train de se développer.

On sent qu’une « Data war » se met en place. Comment assurer une présence adéquate sur le Web si on veut survivre économiquement dans cette guerre qui commence entre les grands consortiums de ce monde ?

On ignore cependant complètement certaines mutations :

Nous n’avons pas encore compris les dangers de l’utilisation des algorithmes. Autrefois des « amis » nous disaient quoi acheter ;maintenant, ce sont des algorithmes créés par des compagnies privées, qui n’ont que le profit comme objectif, qui le font.

Internet 2 fait émerger un nouveau style d’écriture médiatique beaucoup plus visuel et interactif. Où sont les recherches dans ce domaine concernant un Web schématique qui se développe ?

2- Une ressource publique

L’information est liée à la capacité de l’intelligence de l’individu à comprendre ; pour celui-ci, comprendre, c’est percevoir un lien significatif entre divers phénomènes. Informer, c’est mettre en forme. Le rôle de l’information est de donner un sens au chaos qui surgit de la cacophonie médiatique qui semble régner dans notre société qui se cherche actuellement.

À l’heure actuelle, on ne comprend toujours pas comment l’information devient opinion, puis action. Le cerveau demeure encore une boite noire pour les spécialistes, mais la combinaison des néotechnologies (technologies de l’information, nanotechnologies, technologies de la connaissance et biotechnologies) ouvre des perspectives de recherches et d’applications interactives intéressantes pour la prochaine décennie.

L’information est une ressource comme l’eau, le fer ou la nourriture :

• Les ressources primaires : les ressources naturelles.

• Les ressources secondaires : celle de l’industrie manufacturière.

• Les ressources tertiaires : les services

• Les ressources quaternaires : l’information, le savoir et l’expertise.

À chaque étape, les nouveaux codes que sont les symboles, l’écrit, les émissions de télévision et les applications logicielles deviennent plus sophistiqués, rendant la société plus complexe à chaque bond :

• Les symboles nous ont donné la magie, les premières Cités et le calendrier.

• L’écriture nous a donné la démocratie, la géométrie, la comptabilité et les religions du Livre (Bible, Coran, etc.)

• L’imprimerie nous a donné l’humanisme, le protestantisme, Copernic et Galilée, ainsi que lEncyclopédie de Diderot.

• Le cinéma et la télévision ont façonné les grands empires industriels, le capitalisme et le colonialisme.

• L’Internet commence à nous offrir une vision plus globale de notre planète, une économie de proximité et une place publique où les citoyens peuvent discuter de leur avenir. Il va aussi offrir de nouveaux outils scientifiques facilitant les prises de décisions.

À chaque étape, le code devient plus « intelligent » et nous permet de passer vers une plus grande complexité sociétale. Ce processus demande en retour une plus grande fluidité cognitive du cerveau de l’être humain : plus le groupe social dans lequel il interagit est large, plus sa vie se complexifie (schéma du citoyen).

Le grand défi du XXIe siècle sera de transformer des milliards de données, soit le Big data, en connaissances structurées ; à l’heure actuelle, 80 % des données ne sont pas toujours structurées. La société de la connaissance devient une société de l’industrialisation de l’information, où celle-ci devient à la fois :

• un phénomène économique (elle est une marchandise);

• un phénomène technique (sa forme dépend de son support);

• un phénomène politique (elle implique des rapports de force);

• un phénomène culturel (elle se réfère à une symbolique déterminée par un espace temps donné).

Ses passages :

 

Société industrielle
Société postindustrielle
Rareté de lèinformationInfobésité (et Big Data)
Traitement des donnéesTraitement des connaissances
Info reportageOpinion
Médiatisée par des professionelsAuto-médiatisée par les citoyens
Document statiqueDocument dynamique (hyperlien)

 

3- Le Big data

Dans le domaine de l’information, l’un des points de non-retour fut l’attaque terroriste du 11 septembre 2001. Les Américains ont alors découvert que leurs techniques de communication ne leur permettaient plus de prévoir les prochaines attaques. Soudainement, le monde devenait plus dangereux parce que leurs centres d’intelligence, la NSA en particulier, ne pouvaient plus interpréter la cacophonie du data flood créé, notamment, par l’arrivée des appareils mobiles et de la fibre optique. En effet, à partir de 2000-2002, on assiste à l’arrivée récente d’un déluge de données, une forme de fast news pour l’esprit analogue au fast food pour le corps ; le Big data étant une sorte de Nowcasting.

La multiplication est telle qu’en 2011 seulement, on a ajouté à ce qui existait déjà plus de 1200 exaoctets de données (c’est-à-dire 1200 x 1018). On constate cette réalité quand on voit l’explosion des préfixes : kilo-, méga-, giga-, tera-, peta-, exa-, et bientôt zetta- puis yotta. Malgré tout, cette explosion de données passe inaperçue parce qu’elle prend place surtout entre des machines qui dialoguent entre elles.

On définit cette révolution comme une explosion en quantité et, surtout, en diversité des données numériques sur large bande, alors que leur traitement s’industrialise.

Certains facteurs  de multiplication :

• Non seulement la population mondiale a augmenté à plus de 7 milliards de personnes, mais le pourcentage d’internautes est presque de 25 % et continue de grimper. Dans sept ou huit ans, il pourrait être de 66 % ? (5 milliards d’internautes ?).

• La multiplication des appareils smart a été extraordinaire : 80 % des jeunes les utilisent fréquemment.

• Les photos, les vidéos et la musique exigent beaucoup plus d’espace mémoire comparativement aux textes et aux données d’autrefois.

• L’intégration du GPS, de la géolocalisation, des réseaux sociaux, du cinéma maison, du télé banking et des cartes de crédit ajoute au data flood.

• La baisse des coûts des appareils smart fabriqués en Asie, des espaces mémoire (les clés USB, par exemple, ou encore le Cloud, etc.) et des télécommunications (Wi-Fi, etc.) etc.

4- Les conséquences de la surcharge

À l’époque de la Renaissance et du Siècle des Lumières, le flux d’informations a été tel qu’on a dû développer de nouveaux modèles d’organisation des contenus. Déjà à cette époque les gens ne savaient plus comment classer leurs découvertes ; le Wikipédia de cette époque fut l’Encyclopédie de Diderot.

Malgré les extraordinaires capacités de calcul et de mémorisation actuelles, nous n’avons pas encore d’outils assez puissants pour traiter adéquatement toutes les informations qui s’accumulent. Plusieurs pensent que le monde devient un énorme problème de données, parce qu’il devient maintenant difficile d’avoir une vision ordonnée de notre société. Certains pensent même que Google pourrait bientôt s’imposer comme un substitut à notre mémoire collective ; l’utopie étant de penser que le cyberespace pourrait devenir demain le cerveau de l’humanité (?).

5- L’information et l’opinion

Actuellement, les promoteurs médiatiques font une grave erreur au nom des cotes d’écoute : ils mêlent deux genres, l’information reportage et l’information opinion. L’information reportage est rédigée par un journaliste qui décrit un événement ; c’est une information validée. Tandis que l’info opinion décrit l’opinion qu’a un citoyen de cet événement.

L’info opinion prend la forme de pseudo-émissions d’information qui sont en fait de la publicité déguisée, de la création de buzz ou de spin, de la people-isation ou de la téléréalité, où le vrai et le fabriqué se confondent. Aussi commence-t-on à observer, depuis 1990, l’émergence de l’importance de l’opinion publique et, maintenant, une importante dérive de l’information vers l’infospectacle. C’est ainsi qu’Internet semble devenir maintenant une machine à rumeurs, parce que ses utilisateurs ne font pas la différence entre l’info reportage et l’info opinion,

Ce sont des lectures différentes

La lecture de l’information reportage nécessite une attention profonde. Cette approche cherche le recul et l’intelligibilité et veut offrir au lecteur une valeur ajoutée. Cette lecture s’appuie sur la culture collective.

•L’info-opinion se fait par lecture fragmentée et discontinue, ce qui donne à l’Internet l’impression d’immédiateté, mais qui, à la longue, donne plutôt au lecteur l’impression de vivre dans une culture de l’urgence. Cette lecture est très émotive parce qu’elle s’appuie sur le courant de personnalisation.

Actuellement, les médias traditionnels s’interrogent sur la crise qui les affecte ; en fait, leur processus d’hybridation a commencé il y a déjà dix ans. Cette situation n’est pas une crise du support, mais plutôt de l’offre. Le défi d’un modèle économique postindustriel pour les TI ne se situe pas du côté de l’architecture du réseau, mais plutôt de celui de l’architecture de l’information, en fait de son accès « intelligent ». Cependant, la distinction entre info reportage et info opinion fait maintenant apparaître des stratégies pour un Web payant (l’info reportage) et pour un Web gratuit (l’info opinion).

 

 

Pour plus d’informations, voir 21siecle.com

Retour au début

 

Screen Shot 2013-10-01 at 6.36.40 PM


Leave a Reply