3- Le modèle économique de proximité

 

Screen Shot 2013-09-18 at 7.07.53 AM

    Schéma : L’évolution par bonds de l’économie

Avant 1970 : c’est la période d’après-guerre 1939-45, c’est-à-dire les « Trente glorieuses ».

Après 1970 : un système monétaire planétaire est installé (Bretton-Wood, 1944) ; l’ère de l’hégémonie du dollar américain commence. Durant cette période les classes moyennes vont prospérer et supporter cette nouvelle l’économie.

Après 1995 : c’est l’époque de la consommation de masse et de la culture de l’« American Way of Life », c’est aussi l’implosion de l’URSS, le règne de Reagan-Tatcher. etc. Al Gore réussit à imposer le protocole Internet à tous les pays industrialisés.

Après l’an 2000 : la mondialisation, la financiarisation et la personnalisation font éclater les scandales (Enron, etc.) et les crises (banques, automobiles, etc.) La classe moyenne est bloquée et le paysage écologique se dégrade dangereusement. La croissance est fatiguée.

Avec le Nouveau Monde : le G8 devient le G20 et on commence à se demander si on doit réajuster ou changer le modèle économique actuel. 85% de mal-nantis réclament une meilleure redistribution des richesses et des ressources, donc du pouvoir ; des mouvements de contestation surgissent partout sur la planète.

1- L’économie

Le modèle économique de proximité est l’un des cinq piliers du Nouveau Monde qui émerge parce qu’il offre un modèle proactif pouvant remplacer celui qui nous a conduits aux crises actuelles. La combinaison d’au moins trois grands courants ébranle l’équilibre de la planète et fait surgir les cinq crises qui, elles aussi, sont simultanées : La mondialisation Tendance des promoteurs à intégrer les groupes et les marchés afin de créer des entités de plus en plus importantes ; elle a comme caractéristique une croissance sans fin. La financiarisation Utilisation d’algorithmes complexes qui multiplie la valeur financière de certains documents qui n’ont aucune valeur monétaire réelle. La personnalisation Diffusion de contenus qui fait la promotion du coté individualiste du récepteur, c’est-à-dire qui flatte son « Je ». Nous commençons à deviner les mutations à venir :

Notre passage du capital industriel au capital financier et à ses spéculations nous a conduits aux crises de 2008, dont nous ne nous sommes pas encore relevés, car nous n’avons pas modifié nos comportements. Nous savons qu’un choix devra être fait, même si le saut dans l’inconnu nous fait peur.

Devant la montée de la Chine et l’effritement des États-Unis, nous avons remplacé le G8 par le G20 (+BRIC). Allons-nous nous diriger vers un G3 ou un G2 Chine et États-Unis) ?

L’inégalité des nantis (qui est de 15 % / 85 % et non pas de 1-99 %) est de plus en plus criante, parce que de plus en plus publique

Nous ignorons cependant certaines mutations :

Les tiers des emplois industriels vont disparaître d’ici dix ans, où prépare-t-on la nouvelle main-d’œuvre ?

Un mur écologique va se dresser contre toute reprise économique.

Nous sommes rongés par les dettes et personne ne songe à revenir à la culture de l’épargne.

2- Les marchés

Si la structure des marchés fonctionne encore bien, les excès récents des grands groupes financiers exigent qu’on repense notre modèle économique. L’alternative est un modèle de proximité où, au lieu de se préoccuper de mondialiser les marchés sur toute la planète, on consacre plutôt nos énergies à mieux structurer ces espaces où l’on passe la majeure partie de notre vie : la région ou la ville smart. Depuis la Préhistoire, on a toujours développé des réseaux d’échanges. L’économie de marché a toujours bien fonctionné, permettant les échanges de biens et de ressources (métaux, ambre, pierres précieuses, etc.) C’est le récent système de financiarisation qui nous a propulsés dans le cul-de-sac de la mondialisation et de personnalisation, où tout rêve collectif se heurtait aux oligarchies avides de profits. En ce moment, notre société connait plusieurs passages importants. Le monde industriel, qui a connu la guerre froide et l’hégémonisme américain a glissé, avec la rupture en l’an 2000, vers un monde multipolaire où le G20 remplace le G8, qui n’est plus qu’un club de riches, et bascule maintenant dans une impasse politique et économique avec la montée de la Chine face à l’érosion des États-Unis. 

Société industrielle
 
société postindustrielle
Personnalisationresponsibilisation
Prédominance de l'OccidentNouveau Monde
Massification des audiencessegmentation en niches
Culture de l'épargneculture du crédit

3- La nouvelle économie

Le modèle économique actuel fut imposé par Ronald Reagan et Margaret Thatcher à partir des années 1980. Ses impératifs sont la maximisation du profit, la concurrence et l’accumulation du capital. Ses principaux outils sont les marchés, les banques et les réseaux (des voies maritimes du début de l’ère industrielle à l’Internet d’aujourd’hui). Ce modèle réagit à sa logique du toujours plus : toujours plus de rêves = toujours plus de besoins = toujours plus de consommation. L’économie est toujours affaire de confiance, Jeremy Rifkin. Les crises de 2008 se préparaient depuis plus de trente ans, durant lesquels la culture de l’épargne du citoyen a été lentement remplacée par la culture du crédit, qui est centrée sur la consommation et le court terme. Les quatre économies En fait, nous vivons dans une société où quatre économies coexistent :

L’économie réelle

Celle des entreprises qui engendrent de l’argent réel avec une valeur d’usage réelle ; elle est la somme des PIB de tous les États ;

L’économie virtuelle

Celle des bourses financières qui spéculent : c’est cette financiarisation de l’économie réelle qui a fait déraper celle-ci récemment ;

L’économie pirate

Celle du travail au noir, des dessous de table, des contrefaçons et des fraudes fiscales ;

L’économie mafieuse

Celle des trafics illicites (drogues, armes, jeux en ligne et prostitution).

Lors des grandes crises, comme présentement, les économies pirate et mafieuse deviennent plus importantes que l’économie réelle, faussant ainsi toutes les analyses des décideurs. La magie du marché néolibéral a créé une centralisation à outrance et ses excès ont imposé à tous les citoyens la hiérarchie, l’uniformité et les monopoles. Pour une société organisée comme une entreprise, ce fut l’utopie d’une croissance sans fin, c’est-à-dire préoccupée par une rentabilité reposant sur la logique du consommer-jeter. Ses excès ont permis un asservissement de l’État, de la culture et des ressources. Ce modèle a connu deux problèmes majeurs : il n’a pas redistribué équitablement la richesse (15 % – 85 %) et sa croissance débridée a détruit beaucoup trop de systèmes naturels. À partir de l’an 2000, les grandes banques sont entrées dans une phase de financiarisation à outrance. Elles estimaient qu’elles étaient trop grosses pour faire faillite et qu’elles devaient être dépannées, quoi qu’il arrive, par l’État (voir Obama en 2008) ; l’éclatement de la bulle immobilière cette année là a fait disparaître en fumée plus de 8 000 milliards aux États-Unis.

4- Une modèle économique de proximité

Maintenant s’organise une économie de proximité qui se développe surtout à partir des besoins locaux. Cette économie de partage, ou shareconomy, veut remplacer les deux seuls outils proposés actuellement par les administrateurs : le béton et le crédit. On parle d’économie sociale, d’économie collaborative, d’une Alternative economy, de Collaborative economy, etc. Le modèle veut nous faire passer de l’avoir plus à l’être mieux. Ce modèle est en pleine émergence pour deux raisons : les crises de 2008, qui ont marqué profondément tous les citoyens, ainsi que l’apparition des téléphones et des tablettes smart, qui permettent à tous les consommateurs de comparer instantanément les prix. Une collectivisation On parle d’une logique de frugalité dans des espaces de voisinage smart. Il ne s’agit plus de répartir l’abondance et l’enrichissement sans fin promis par l’ère industrielle, mais d’organiser la sobriété (Hervé Kempf), c’est-à-dire d’organiser des formes de collectivisation. D’ailleurs, l’économie sociale et solidaire assume souvent des missions de services publics que l’État n’est pas en capacité d’exercer. Le modèle a inspiré plusieurs mouvements dans le monde : le co-voiturage et le transport collectif, la colocation d’appartement, le micro-crédit, l’agriculture à soutien communautaire et dans le domaine des TI : l’open source, les blogues et le Creative Commons.

5- Les retours sur les investissements

Face aux négociations imposées par la rédaction d’un plan numérique, les gouvernants n’ont qu’une question : Quels sont les retours sur les investissements (les ROI) ? Autrement dit : Peut-on récolter des votes ? 1- Le citoyen

• Le plan peut offrir un crowdsourcing aux citoyens (c’est-à-dire une participation aux décisions).

• Créer des plateformes de citoyens-élus dans chaque comté.

• Favoriser une lutte citoyenne contre la corruption grâce à l’affichage public des projets et des contrats.

• Susciter une économie de partage grâce aux nouveaux outils et aux bases de données en réseaux. Etc.

2- La Gouvernance

• Offrir une plus grande présence québécoise, à la fois économique et culturelle, dans le monde.

• Un enrichissement des débats publics grâce aux citoyens experts.

• Répondre aux défis administratifs du Big data.

• Une meilleure prédictibilité dans les planifications gouvernementales. Etc.

3- Modèle économique de proximité

• Préparer l’arrivée de la médecine numérique.

• Fin des 28 silos gouvernementaux: un meilleur accès aux services publics.

• Optimisation des villes intelligentes.

• Développer et offrir au grand public des services intelligents. Etc.

4- L’Internet

• Anticiper la création des nouveaux emplois 2.0.

• Développement de nouveaux matériaux.

• Une approche client plus rentable à cause des analyses des possibilités offertes par les niches.

• Des stratégies commerciales adaptées à l’ère postindustrielle. Etc.

5- L’information

• Offrir à tous un haut débit partout au Québec.

• Préparer la venue de l’Internet des objets.

• Former une grappe industrielle pour coordonner tous les acteurs.

• Développer une cybersécurité en fonction des défis du nouvel Internet, en particulier le raffinement des tricheurs. Etc.

  Enfin, personne ne s’est encore posé la vraie question:  Combien cela coûterait-il si on ne le faisait pas ?       Pour plus d’informations, voir   21siecle.com   Retour au début   Screen Shot 2013-10-01 at 6.41.39 PM


Leave a Reply