2- La gouvernance

 

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Schéma : l’évolution de la gouvernance dans l’histoire

Les relations de gouvernants à gouvernés ont toujours passé par une entente qui prend la forme d’un contrat social :

Au Moyen-Âge, le seigneur régnait à partir de son château fort. Le contrat était simple : vous travaillez pour moi et je vous protège.

Ensuite, les religions ont, elles aussi, établi leur contrat social : si vous vous conduisez bien, vous irez au ciel.

Avec l’ère industrielle, les trois pouvoirs (législatif, exécutif et judiciaire) promulguent leurs lois :si vous obéissez aux lois et payez vos impôts, vous aurez des services et un emploi.

Tout change avec l’émergence du « Nouveau Monde » : un nouveau pouvoir surgi, l’opinion des citoyens. Désormais la société va dépendre de la participation citoyenne en échange, de la part des élites en place, d’une participation aux décisions.

1- La gouvernance

La gouvernance ouverte est l’un des cinq piliers du Nouveau Monde parce qu’elle permet aux citoyens non seulement de participer aux décisions qui les concernent, mais surtout d’essayer de dialoguer avec ses gouvernants.

Entre 1970 et 2010, la gouvernance subit une mutation importante :

Avec l’ère industrielle

Trois pouvoirs s’installent : le législatif, l’exécutif et le judiciaire. Après la guerre 1939-45, un nouvel ordre économique s’installe sous la direction des oligarchies et du dollar américain (Bretton Woods). La source de ce pouvoir est le capital.

Tout va changer avec le Nouveau Monde

Un nouvel ordre mondial pourrait s’organiser autour du Soft Power, c’est-à-dire du savoir et de l’expertise plutôt qu’autour des médias de masse et de la police.

 Nous commençons à deviner les mutations à venir :

Nos élites politiques ont encore une mentalité industrielle c’est pourquoi elles ne peuvent résoudre les défis postindustriels.

Les élites sont habituées à ce que le « peuple » leur obéisse aveuglément. Parce quelles sont figées dans leur peur face aux nouvelles prises de paroles citoyennes, qui semblent remettre en cause leur légitimité, il en résulte des confrontations, d’où les colères et les émeutes actuelles.

 Nous ignorons cependant complètement d’autres mutations 

Depuis l’an 2000, nous nous sommes fait imposer, sur toute la planète, une mondialisation économique par les oligarchies. À quand une mondialisation politique équivalente (le G20 + le Conseil de sécurité de l’ONU + l’OMC et la Banque mondiale) pour faire face aux crises globales qui s’annoncent ? 

2- La gouvernance ouverte

De tout temps, il y a eu des chefs et des Indiens, c’est-à-dire des gouvernants et des gouvernés. Jusqu’à aujourd’hui, les gouvernants ont réussi à imposer leurs stratégies du haut vers le bas (top down). Pour la première fois de l’histoire, un outil, l’Internet, permet aux citoyens de prendre la parole, c’est-à-dire d’utiliser collectivement une stratégie qui monte plutôt du bas vers le haut (bottom-up). Cela signifie que, pour résoudre les crises qui s’annoncent, il devra y avoir des négociations entre les élites politiques et économiques et la société civile. Devant l’ampleur des problèmes, ces élites ne pourront plus gouverner sans une participation citoyenne ; à l’avenir, elles perdront beaucoup leur légitimité, c’est-à-dire que les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire iront en s’affaiblissant sans cette participation. Cette participation aux solutions ne pourra se faire qu’en échange de pouvoirs accordés aux citoyens par les gouvernants. Internet devient un outil de pouvoir parce qu’il remplace la loi de l’offre par la loi de la demande.

La grande division du 21e siècle n’est pas entre le Nord et le Sud, l’Est et l’Ouest (les États-Unis et la Chine), ou dans les religions, mais entre les sociétés ouvertes et fermées, Hillary Clinton, 2012. Selon la Secrétaire d’État américaine, l’avenir est au OpenGouv, à l’Open Economy et l’Open Society. Les passages auxquels nous assistons annoncent ce changement ;

 

Gouvernance fermée
Gouvernance ouverte
Ville numériqueVille intelligente
Intégration des TICIntégration des usages
On parle de connexion et diffusionOn discute besoins et désirs
On cherche des valeurs économiquesOn cherche des valeurs sociales

 

En attendant, nous assistons à la disparition de la confiance entre gouvernants et gouvernés et même à une montée de la colère populaire partout sur la planète devant l’inaptitude des élites industrielles aux prises avec des crises postindustrielles. On intuitionne qu’on ne peut plus continuer comme auparavant.

On sent que quelque chose se prépare !

 

Illus Futur

3- La société de la connaissance

La société qui émerge sera une société de la connaissance, c’est-à-dire une société où ses membres pourront échanger leurs expertises et leurs savoirs. À l’heure actuelle, le passage est imprévisible parce que nous avons perdu collectivement nos points de repère industriels ; néanmoins, de nouveaux points de repères postindustriels surgissent : le numérique, le mobile, la géolocalisation, la prise de parole citoyenne, etc.

Les cinq crises qui surgissent présentement ont un impact combiné ressemblant à celui d’un « alignement des planètes » ou d’une « tempête parfaite ». On entend les nombreuses sonnettes d’alarme qui résonnent dans tous les secteurs d’activités humaines, un peu partout, sans qu’on ait pour autant une vue d’ensemble de notre monde politique. Le problème est qu’il n’y a pas encore de mondialisation politique comme il y a eu une mondialisation de l’ordre économique créée il y a douze ou quinze ans par les oligarchies.

Une société ou une ville smart est un écosystème où de nouvelles façons de penser sont utilisées à trois niveaux :

• celui des infrastructures physiques (comment mieux gérer les routes et les hôpitaux par exemple) ;

• du data (comment gérer le Big data) ;

• citoyennes (comment canaliser la participation des gens).

On ne doit plus considérer un État ou une ville comme étant une simple administration,mais plutôt comme un écosystème formé d’activités citoyennes, de décisions politiques, de fêtes populaires et d’autres actions collectives favorisant la participation à une vie commune. C’est cette participation qui leur donne une âme.

4- Ses trois structures

Une société de la connaissance est une société où l’information est efficace dans l’action. C’est une société dont le building block est l’information numérisée. Dès 1976, Daniel Bell l’avait défini comme étant une société basée sur l’information, ce qui augmente considérablement le pouvoir décisionnel de ses membres. 

Cette nouvelle société de la connaissance est composée, non pas de deux structures comme les sociétés précédentes, mais de trois.

La structure politique

Elle s’est mise en place et s’est maintenue depuis plus de mille ans, soit depuis la fin du Moyen-Âge. Cette structure possède cinq leviers : les politiques monétaire, fiscale, commerciale, de services publics et de soutien du revenu, ses trois pouvoirs sont le législatif, l’exécutif et le judiciaire. Cette structure repose sur le consentement de la population.

La structure économique

Elle s’est mise en place il y a à peu près deux cents ans, d’abord en Angleterre, puis dans le reste du monde, grâce à la rencontre du capital et de l’énergie. Cette structure possède cinq caractéristiques :

• la propriété privée des leviers de production et d’investissements ;

• l’appropriation privée des ressources naturelles, matérielles et informationnelles ;

• la concurrence de la part des consortiums ;

• l’asservissement de l’État au capital ;

• l’asservissement de la culture de consommation grâce aux médias de masse.

Depuis 1995, grâce à une déréglementation tous azimuts, à la mondialisation et aux médias de masse, les oligarchies ont réussi à imposer leur agenda aux instances politiques, donc à tous les citoyens de la planète. Ces oligarchies sont maintenant devenues les « maîtres du monde ».

La structure médiatique

Elle est récente, elle s’organise autour des médias de masse au début du siècle et se développe maintenant autour d’Internet 2, qui devient une plateforme d’intervention pour toute la planète. Dans une ou deux décennies, cette structure formée par les « géants de services » pourrait chercher à prendre le contrôle des deux autres.

 

Caricature 2

 

Les trois piliers d’une stratégie de développement réussie sont l’État, les marchés et l’individu, Joseph E. Stiglitz. (autrement dit, les trois structures qu’on vient de décrire).

Cette nouvelle structure politico-économico-médiatique est le théâtre de nombreuses mutations :

Mutations des éléments de base servant au développement :

Structure politique                  : les droits des citoyens ;

Structure économique            : les marchés ;

Structure médiatique              : l’information.

Apparition de nouveaux outils capables de gérer les mutations :

Structure politique                   : la prise de parole citoyenne ;

Structure économique             : un modèle de proximité ;

Structure médiatique               : une place publique planétaire.

Les batailles qui commencent :

Structure politique                   : la culture et la langue ;

Structure économique             : les territoires et les marchés ;

Structure médiatique               : la crédibilité des contenus.

Nous devons revenir au principe d’une personne = un vote et d’un pays = un vote, au lieu de laisser les dollars voter comme c’est le cas actuellement :

Illus Gouvernance

En ce moment, rien n’est écrit et rien n’est décidé. Nous commençons à peine à assister à une lutte de pouvoir entre ces trois structures. Une lutte où, pour la première fois de notre histoire, le citoyen pourra participer par ses prises de parole électroniques.

5- La société civile

La société civile est formée par l’ensemble des associations et des groupes d’intérêts non assujettis à l’État qui œuvrent à l’auto-organisation de la société. Ces associations cherchent à impliquer le citoyen dans la vie locale. Ces groupes ne sont pas homogènes, il y a :

Les groupes informels

Ce sont les cybercommunautés et les on-line communities qui veulent assurer leur « présence » dans leur milieu. Par exemple, les groupes de personnes âgées, les clubs sociaux, etc.

Ce sont les cybercommunautés et les on-line communities qui veulent assurer leur « présence » dans leur milieu. Par exemple, les groupes de personnes âgées, les clubs sociaux, etc.

Les groupes d’intérêts virtuels

Des communautés smart qui utilisent ces outils électroniques pour mobiliser leurs membres autour d’actions concrètes. Les associations sportives ou culturelles et les syndicats, par exemple.

Les hactivistes (contraction de hackers et d’activistes)

Des réseaux de protestataires qui veulent changer certaines opinions publiques à partir de leur idéologie. Les campagnes de dénonciation des altermondialistes et des anti-Wall Street, par exemple.

Les cyberguérillas

Des groupes révolutionnaires qui veulent renverser le pouvoir en place : le Printemps arabe, les anti-Poutine et les zapatistes, par exemple.

L’extraordinaire diversité de la société civile est à la fois sa force et sa faiblesse, celle-ci étant causée par une fragmentation du tissu social comme celle que nous connaissons actuellement et qui empêche l’établissement de consensus.

Ces associations tirent leur légitimité de la volonté populaire de leurs membres, c’est-à-dire de l’intensité de leur participation à la création de consensus. Elles se situent entre le citoyen et l’État, servant de relais dans le traitement des informations et cherchant à susciter des opinions dans leur milieu, pour passer ensuite à l’action menant au développement durable.

6- Les nouveaux outils

Plus d’une douzaine d’outils impliquant une participation citoyenne sont déjà utilisés : les pétitions, le forum communautaire, le panel d’expertise, le budget participatif, le développement de scénario papier ou par carte de connaissance, les festivals populaires, le crowdsourcing, les Bar camps ou hackathons, etc. Ces nouveaux outils :

• expérimentent une mutualisation des expériences ;

• reposent sur l’analyse de la vie quotidienne, qui est enracinée dans les espaces de proximité ;

• cherchent à établir des consensus, c’est-à-dire des positions communes qui, parce qu’elles sont pleines d’énergie, soutiennent les actions

 

 

Pour plus d’informations, voir   21siecle.com

 

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