Nous vivons une réorganisation sociétale

 

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Schéma : l’évolution du citoyen dans l’histoire

La première courbe indique le nombre de personnes vivant sur la planète, alors que la deuxième indique la quantité de connaissances requises pour que la société fonctionne. Les deux courbes, qui sont exponentielles, sont interreliées : aujourd’hui il y a plus de 7 milliards de personnes sur notre planète et tellement de données qu’on parle de « Big data ».

À chaque bond important des populations et des informations, la société crée une nouvelle technologie de communication : l’imprimerie, le cinéma, la télévision et Internet forment autant d’étapes dans notre histoire.

À chacun de ces bonds, le cerveau de l’être humain se complexifie afin de s’adapter aux mutations du nouvel espace-temps formé des deux dimensions de notre univers.

Tant et si bien que, dans ce Nouveau Monde, nos enfants seront différents de nous parce que leur cerveau (en fait, leurs connexions synaptiques) sera configuré différemment.

1- Le citoyen

Le citoyen est le principal pilier de ce nouveau Nouveau Monde. Il est le cœur et la finalité du système démocratique.

Entre 1970 et 2010, il subit une mutation importante :

Avec l’ère industrielle

Il s’urbanise et s’industrialise ; s’il veut travailler, il doit apprendre à lire, à compter et à mesurer. La radio et, plus tard, la télévision lui fournissent ses rêves. À cause de la mondialisation, il y a une massification des audiences où il se retrouve anonyme, passif et isolé.

Tout va changer avec le nouveau Nouveau Monde

L’Internet lui permet de prendre la parole et de manifester son contentement ou son mécontentement. Soudain, son opinion devient importante ; il découvre qu’il peut devenir un acteur actif. De plus, une nouvelle génération de jeunes netizens commence à prendre la parole : que décideront-ils ?

Nous commençons à deviner les mutations à venir :

L’immigration, l’urbanisation et le vieillissement des populations vont modifier le tissu social.

Le nombre de plus en plus important de personnes âgées va susciter des coûts très importants dans certains secteurs d’activités, ainsi que leur réorganisation.

Les adolescents qui ne parlent qu’entre eux, ce qui va empêcher toute transition intergénérationnelle, c’est-à- dire culturelle.

Tandis qu’on ignore certaines autres mutations :

L’utilisation quotidienne d’Internet va réorganiser différemment le cerveau des jeunes utilisateurs ; quelles décisions la génération montante va-t-elle prendre ?

Le fort courant de personnalisation va rendre les communications de plus en plus émotionnelles. Sommes-nous prêts à vivre quotidiennement tant d’émotions ? Avec quel effet ?

Où allons-nous ?

La rupture de l’an 2000

Les crises qui s’annoncent aujourd’hui ont pris racine dans une série d’événements qui se déroulés autour de l’an 2000 :

l’émergence de la mondialisation à partir d’Internet ;

les attaques terroristes à New York en septembre 2001 ;

les crises et les guerres du pétrole ;

l’émergence d’un important mouvement d’antimondialisation ;

la chute du mur de Berlin et l’implosion de l’URSS ;

La monté du mobile et l’arrivée des jeunes « netizens », etc.

Tant et si bien qu’on peut situer le passage de l’ère industrielle à l’ère postindustrielle vers 2000-2002.

Le nouveau Nouveau Monde

Quand Samuel de Champlain arriva à Québec en 1608, il trouva un territoire tellement différent qu’il le baptisa Nouveau Monde. Quatre cents ans plus tard, et pour plusieurs raisons, nous devrons apprivoiser un nouveau Nouveau Monde à partir de cinq piliers : le citoyen, la gouvernance ouverte, le modèle économique de proximité, l’Internet et l’information.

Le Québec est nettement en perte de vitesse

Dans le passé, on définissait un pays surtout par son territoire ; il était autonome s’il pouvait développer sa culture et son économie à l’intérieur de ses frontières. Le nouveau Nouveau Monde modifie maintenant la situation : un pays se définit désormais par le traitement de ses données. Sa souveraineté dépend désormais de son plan numérique, c’est-à-dire de la façon dont il traite ses informations. D’où les récentes crises mondiales causées par l’opération PRIMS de la NSA américaine.

Or, le Québec n’a aucun plan ; ses bases de données et ses plateformes de communication et de diffusion sont presque toutes américaines (iTunes, Netflix, Facebook, Twitter, etc.) Il ressemble à un paquebot dont les marins ne savent pas où ils vont et, surtout, ils ne réalisent pas que le capitaine est de Washington et son lieutenant d’Ottawa (où se prennent les décisions médiatiques locales).

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Par Michel Cartier

Septembre 2013

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